dimanche 18 mai 2014

Jeune et jolie (2013), François Ozon



Isabelle vient d'avoir dix-sept ans et aussi de perdre sa virginité avec un allemand rencontré en vacances qui la dépucelle sans grand état d'âme sur une plage une nuit d'été. Elle semble ne pas s'en soucier. Elle est déconnectée de la réalité, insensible à tout ce qui l'entoure. L'hiver arrive et avec lui une nouvelle activité pour la jeune fille: la prostitution. Un jour, après les cours, elle et une amie sont abordées par un homme d'âge mûr leur proposant de l'argent contre leurs faveurs. Evidemment, les deux filles s'éloignent, dégoûtées. Cependant, Isabelle, intriguée et peut-être par ennui, recontacte cet homme. Commencent alors les rendez-vous dans les hôtels, les passes, les sommes faramineuses, les mensonges... L'affabilité d'Isabelle augmente. Elle est vraiment insensible à tout, sauf à son petit frère avec qui elle entretient une relation privilégiée: il l'aide à mentir aux parents, elle lui raconte (presque) tout. Un jour, Isabelle rend visite à un vieil habitué qui meurt en pleine action: arrêt cardiaque. Paniquée, Isabelle s'enfuit sans demander son reste. Quelque temps plus tard, la police contacte la mère d'Isabelle et lui apprend que sa fille se prostitue. C'est la descente aux enfers pour cette mère qui ne comprend pas pourquoi sa fille agit ainsi. Elle essaie d'en discuter avec Isabelle qui se renferme de plus en plus. Finalement, après quelque temps, la famille semble retrouver son calme. Isabelle a arrêté ses activités, mais pour combien de temps...

J'étais vraiment curieuse de découvrir ce film, il avait eu bonne presse lors du festival de Cannes de 2013. On avait dit que l'actrice était incroyable. Je n'ai pas vraiment été subjuguée par ce film. L'intrigue n'est pas assez bien ficelée à mon goût. On ne connaitra jamais les raisons pour lesquelles Isabelle a commencé à se prostituer, aucune piste n'est vraiment avancée et le visage impassible d'Isabelle ne nous aide pas à comprendre ce qui a bien pu paser par la tête d'une adolescente de "bonne famille" et ayant une situation aisée pour commencer à se prostituer. Je crois qu'on est passé à côté de ce qui aurait pu être un film extraordinaire en ne se focalisant, finalement, que sur l'action et non sur les raisons. Et effectivement, les scènes de sexe occupent une bonne partie du film et sont filmées très crûment, à se demander s'il n'y a plus que les corps dénudés qui permettent de réaliser un bon film (cf. La vie d'Adèle). En ce qui concerne le jeu d'acteur, rien d'exceptionnel. Marine Vacht, sans être dénuée de talent, n'offre pas une interprétation inoubliable de son personnage. Elle a la plupart du temps un visage impassible qui me fait un peu penser à l'actrice Kristen Stewart. À se demander si son physique de rêve n'aurait pas influencé davantage le choix du réalisateur que son talent d'actrice.


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