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dimanche 18 mai 2014

Jeune et jolie (2013), François Ozon



Isabelle vient d'avoir dix-sept ans et aussi de perdre sa virginité avec un allemand rencontré en vacances qui la dépucelle sans grand état d'âme sur une plage une nuit d'été. Elle semble ne pas s'en soucier. Elle est déconnectée de la réalité, insensible à tout ce qui l'entoure. L'hiver arrive et avec lui une nouvelle activité pour la jeune fille: la prostitution. Un jour, après les cours, elle et une amie sont abordées par un homme d'âge mûr leur proposant de l'argent contre leurs faveurs. Evidemment, les deux filles s'éloignent, dégoûtées. Cependant, Isabelle, intriguée et peut-être par ennui, recontacte cet homme. Commencent alors les rendez-vous dans les hôtels, les passes, les sommes faramineuses, les mensonges... L'affabilité d'Isabelle augmente. Elle est vraiment insensible à tout, sauf à son petit frère avec qui elle entretient une relation privilégiée: il l'aide à mentir aux parents, elle lui raconte (presque) tout. Un jour, Isabelle rend visite à un vieil habitué qui meurt en pleine action: arrêt cardiaque. Paniquée, Isabelle s'enfuit sans demander son reste. Quelque temps plus tard, la police contacte la mère d'Isabelle et lui apprend que sa fille se prostitue. C'est la descente aux enfers pour cette mère qui ne comprend pas pourquoi sa fille agit ainsi. Elle essaie d'en discuter avec Isabelle qui se renferme de plus en plus. Finalement, après quelque temps, la famille semble retrouver son calme. Isabelle a arrêté ses activités, mais pour combien de temps...

J'étais vraiment curieuse de découvrir ce film, il avait eu bonne presse lors du festival de Cannes de 2013. On avait dit que l'actrice était incroyable. Je n'ai pas vraiment été subjuguée par ce film. L'intrigue n'est pas assez bien ficelée à mon goût. On ne connaitra jamais les raisons pour lesquelles Isabelle a commencé à se prostituer, aucune piste n'est vraiment avancée et le visage impassible d'Isabelle ne nous aide pas à comprendre ce qui a bien pu paser par la tête d'une adolescente de "bonne famille" et ayant une situation aisée pour commencer à se prostituer. Je crois qu'on est passé à côté de ce qui aurait pu être un film extraordinaire en ne se focalisant, finalement, que sur l'action et non sur les raisons. Et effectivement, les scènes de sexe occupent une bonne partie du film et sont filmées très crûment, à se demander s'il n'y a plus que les corps dénudés qui permettent de réaliser un bon film (cf. La vie d'Adèle). En ce qui concerne le jeu d'acteur, rien d'exceptionnel. Marine Vacht, sans être dénuée de talent, n'offre pas une interprétation inoubliable de son personnage. Elle a la plupart du temps un visage impassible qui me fait un peu penser à l'actrice Kristen Stewart. À se demander si son physique de rêve n'aurait pas influencé davantage le choix du réalisateur que son talent d'actrice.


dimanche 3 novembre 2013

La vie d'Adèle - chapitres 1 et 2 (2013), Abdellatif Kechiche


"À 15 ans, Adèle ne se pose pas de question : une fille, ça sort avec des garçons. Sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve..." (Allociné)

Voilà, le film que j'attendais tant depuis le dernier festival de Cannes, "La Vie d'Adèle", adapté du roman graphique de Julie Maroh "Le bleu est une couleur chaude" est enfin sorti. J'ai traîné mon copain à la dernière séance du cinéma, ayant oublié un point crucial: la longueur du film qui, mine de rien, dure quand même trois bonnes heures. Je comprends mieux les critiques de cinéma qui dénigraient le côté ultraréaliste de Kechiche: je pense qu'une bonne trentaines de plan auraient pu être raccourcis lors du montage, comme les scènes de repas qui s'éternisent, les gros plans d'Adèle en train de dormir et les scènes de sexe.

Venons-en d'ailleurs à cette sexualité crue que Kechiche a voulu nous montrer comme preuve de la réalité de sa fiction. Je ne suis pas spécialement prude, l'érotisme ne me dérange pas et la pornographie, que je trouve personnellement sans intérêt, ne me choque pas plus que ça. Je m'étais dit, en lisant les critiques avant d'aller voir le film, que ceux qui étaient choqués par ces scènes devaient être un peu coincés, conservateurs, puritains. En fait, ils ont eu raison. Les scènes d'amour entre Emma et Adèle traînent en longueur, on ne comprend pas l'intérêt de voir autant de temps ces deux femmes en train de s'aimer. Quelques scènes suggestives (même avec des tétons et des vagins, soyons fous) auraient suffi. Dans le film, les scènes de sexe ne se justifient pas vraiment et mettent plutôt le spectateur (ou le voyeur?) mal à l'aise.

Le film se découpe en deux "chapitres". Le premier suit assez bien la trame de la BD - c'est d'ailleurs la partie que j'ai préférée - et traite de l'histoire d'amour naissante entre les deux femmes, la découverte d'Adèle et de sa sexualité, etc. ; le second est vraiment "librement adapté" et s'écarte clairement (peut-être trop?) du récit original.
Le premier chapitre est émouvant. On voit Adèle qui se pose des questions sur ses envies, sur ses désirs, sur sa différence qu'elle ne comprend pas et que les autres jugent. Il y des scènes magnifiques, tournées en gros plan, dans lesquelles les jeux de regard, les sentiments, la tension émotionnelle et sexuelle se traduisent merveilleusement bien. On est happés, englobés dans leur histoire, on vibre au même rythme qu'Adèle et Emma. Seul bémol: les scènes d'amour (oui, je le répète). La première fois que les deux personnages se découvrent physiquement est interminable. D'ailleurs, cela semblait invraisemblable (contrairement à l'envie d'hyperréalisme de Kechiche): Adèle était trop à l'aise, elle prenait presque les devants dans cette relation. Emma se laissait guider, alors qu'elle était censée être plus expérimentée. Bref, mis à part la sexualité exacerbée, le premier chapitre était, pour moi, plutôt réussi.
La deuxième partie était une découverte, puisque Kechiche ne reprend pas le scénario de la BD. Ce que je trouve assez dommage, c'est qu'il s'est concentré uniquement sur l'aspect socio-économique de la relation entre Emma et Adèle. En effet, l'une est artiste et d'un milieu bourgeois; l'autre est institutrice et d'un milieu ouvrier. J'ai d'ailleurs trouvé le traitement de cette opposition assez grossière. Exemple: chez Emma, on boit du vin et on mange des huîtres fraîches; chez Adèle, on mange des spaghettis, on fait du bruit quand on mange, on s'en met partout. Je crois que le décalage entre ces deux mondes pourrait se traduire plus subtilement dans un film. Au final, l'amour est relégué au second plan, la construction identitaire d'Adèle est passée à la trappe (alors que la BD, même si c'est traité sommairement, on comprend tout le malaise qu'elle ressent depuis son adolescence, cet inconfort qu'elle n'a jamais résolu entre elle et les autres). Par ailleurs, la fin est beaucoup trop ouverte. La dernière scène n'apporte rien du tout à l'histoire. On aurait pu arrêter à la scène précédente qui, elle, était pleine d'émotions, de déchirement. J'aurais préféré une coupure nette plutôt que ce malheur diffus et cet inconnu qui est censé ouvrir le film. Cependant, avec les événements qui se sont passés autour du lancement du film (Léa et ses commentaires critiques à l'encontre de Kechiche), je ne crois pas qu'il y aura une suite et on ne connaîtra donc jamais le fin mot de l'histoire.

Par rapport aux acteurs, j'ai été complètement éblouie par le jeu d'Adèle Exarchopoulos. Moi qui étais assez réticente à son égard (vu les interviews et divers entretiens que j'avais regardés sur internet, je m'étais fait une image vulgaire, exubérante, dans l'excès, incapable d'être douce, subtil, touchante, comme le rôle le demandait), je ne pouvais plus détourner les yeux. Son impudeur lui a servi: elle s'est livrée sans aucun complexe, sous tous les angles, sous tous les regards, avec ses défauts, ses faiblesses, ses forces. Cette actrice est fascinante et j'espère la retrouver dans d'autres films. Elle a cette justesse qui m'étonne si l'on considère son âge (19 ans!) Léa Seydoux, à l'inverse, en qui j'avais fondé tous mes espoirs, m'a quelque peu déçue. Vu toutes les critiques positives qu'elle avait reçues, je m'attendais à une explosion, une révélation ou, au moins, une sensation. Je l'ai trouvé un peu plate, un peu quelconque. Les seuls moments où elle semblait vraie étaient les scènes intenses avec Adèle, surtout quand elles se regardent sans se parler. Seule ou loin de sa partenaire, Léa Seydoux me semble banale. D'ailleurs, je trouve sa diction trop hachée, on sent qu'elle a appris son texte par coeur et qu'elle le répète et c'est le plus flagrant lorsque, dans le parc, elle croque le visage d'Adèle et lui parle de philosophie sartrienne.

Bref, avis assez mitigé. J'attendais tellement ce film, j'avais tellement d'attentes, surtout après avoir lu la BD qui, malgré quelques défauts, est poignant et juste, que ma déception n'en est que décuplée. Peut-être ne suis-je pas assez objective, puisque j'ai un point de comparaison. Je devrais sûrement considérer le film à part entière, non pas en lien avec le roman graphique, mais bien en parallèle, car il n'est pas "adaptation", mais bien "libre adaptation". Malgré toutes les critiques que j'ai pu faire à ce film, je pense qu'il est tout de même beau et émouvant durant la première partie. Je vous le conseille tout de même, il faut au moins que vous le voyiez une fois dans votre vie.


samedi 15 juin 2013

Le bleu est une couleur chaude (2010), Julie Maroh, Glénat


Wôw. Je me suis procuré ce roman graphique aujourd'hui. Je suis époustouflée, émue aux larmes. Je ne les retiens que parce que je ne suis pas seule dans la pièce. Wôw.

"La vie de Clémentine bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune fille aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir toutes les facettes du désir et lui permettra d'affronter le regard des autres. Un récit tendre et sensible." (www.babelio.com)

Tout a commencé lorsqu'au Festival de Cannes, on a présenté le film "La Vie d'Adèle" qui a remporté un franc succès auprès du public et des critiques. Intriguée, j'ai cherché à savoir quels étaient les secrets de ce film. J'ai appris qu'il était en réalité l'adaptation d'un roman graphique "Le bleu est une couleur chaude" de Julie Maroh. A cause de l'engouement causé par le Festival de Cannes, l'ouvrage était introuvable et j'ai enfin pu me l'acheter maintenant. Je ne le regrette vraiment pas.

Il est vrai que je n'accroche pas tant que ça avec le style de l'auteure. Je trouve qu'elle est encore trop irrégulière dans ses dessins. Il y a des plans de ses personnages où ils sont absolument magnifiques, à couper le souffle et d'autres où ils ont l'air déformés, laids. Ce sera bien le seul défaut que je trouve à ce livre. Et malgré mon désaccord avec le dessin de l'auteur, tout le reste me semble parfait: le choix graphique de raconter le passé de la vie de ces deux jeunes femmes en noir et blanc, avec des touches bleues, notamment les yeux et les cheveux d'Emma, l'histoire de cette découverte de l'amour, de la sexualité, l'émotion qui se dégage des scènes d'amour qui vous nouent la gorge et vous font monter les larmes aux yeux... 

Cela fait au moins cinq fois que je relis cette histoire et je ne m'en lasse vraiment pas. J'ai toujours peur, lorsque je trouve quelque chose émouvant, de ne plus ressentir la même chose qu'à la première découverte. Mais là, tout y est et décuplé, parce que je sais ce qui va se passer, je sais quel destin les attend, je comprends davantage leurs combats contre elles-mêmes. Je n'en reviens pas à quel point je suis touchée par ce roman graphique. Je ne peux que vous le conseiller vivement, c'est beau, c'est neuf, ça parle d'un sujet d'actualité (l'homosexualité), ça parle d'un sujet éternel (l'amour), ça parle de l'amitié et de la réalité des relations humaines... C'est un monde en soi qu'il vous faut découvrir.

J'ai vraiment hâte de voir l'adaptation de ce livre! J'espère que je ne serai pas déçue: on sait tous que les adaptations au cinéma ne respectent pas toujours l'oeuvre original, qu'elles ne collent pas toujours aux émotions originels. Je reviendrai vers vous quand j'aurai été voir le film qui ne sort qu'en automne malheureusement. J'espère qu'Abdellatif Kechiche et que ses deux actrices, Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux auront su recréer cette ambiance si particulière teintée de bleu, cette couleur si chaude...

vendredi 14 juin 2013

De rouille et d'os (2012), Jacques Audiard



"Ça commence dans le Nord. 

Ali se retrouve avec Sam, 5 ans, sur les bras. C’est son fils, il le connaît à peine. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa sœur à Antibes. Là-bas, c’est tout de suite mieux, elle les héberge dans le garage de son pavillon, elle s’occupe du petit et il fait beau. 
A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone.
Il est pauvre ; elle est belle et pleine d’assurance. C’est une princesse. Tout les oppose.
Stéphanie est dresseuse d’orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame pour qu’un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau. 
Quand Ali la retrouve, la princesse est tassée dans un fauteuil roulant : elle a perdu ses jambes et pas mal d’illusions.
Il va l’aider simplement, sans compassion, sans pitié. Elle va revivre." (Allociné)


Ce film est beau. Cela fait presque un an que je me dis que je dois le regarder. Je repoussais à chaque fois ce moment de peur d'un film d'auteur trop compliqué et qu'il faille regarder avec une attention exagérée. Je me suis enfin lancée il y a deux jours. Je n'ai pas compris au début. Le film avance lentement, selon moi. Ca m'a pris plus de la moitié du film pour entrer dans l'ambiance, pour comprendre où on voulait en venir. Malgré cela, la façon dont Ali aide Stéphanie à revivre, à reprendre goût à la vie est vraiment touchante. Au fond, il ne fait que la traiter comme si elle était encore valide et c'est sans doute ça qui lui redonne confiance: il n'y a pas de pitié dans ses gestes, il y va franco. Leur histoire d'amour se lie petit à petit et on le voit s'épanouir dans les yeux de Stéphanie à travers une Marion Cotillard dont la prestation est à couper le souffle. Matthias Schoenaerts, quant à lui, joue parfaitement le rôle du gros dur au coeur tendre qui, même s'il fait mal, essaie de bien faire.

Il y a tout de même deux bémols à ce film en ce qui concerne le scénario. Je me demande toujours pourquoi Stéphanie finit par appeler Ali une nuit où elle se sent seule. On aurait cru qu'elle l'aurait oublié après cet accident tragique... Qu'est-ce qui lui a donné envie de le recontacter? Surtout que leur seule et unique rencontre ne s'était pas spécialement bien passé... Alors pourquoi avoir passé ce coup de fil? Premier point faible dans le scénario. Le deuxième est le peu d'attention qu'Ali porte à son fils. Ce que je ne comprends pas, c'est ce tel contraste entre la façon dont il s'occupe de Stéphanie, avec douceur et tendresse, alors qu'il traite son fils comme un chien et qu'il n'y fait pas du tout attention. Je n'ai pas l'impression que ces deux comportements sont compatibles. Soit Ali les traite tous les deux mal et, petit à petit, apprend à les respecter et à s'occuper d'eux, soit il les enveloppe de sa bienveillance de la même manière. Vraiment, ce détail m'a bloquée. Mais peut-être que c'est parce que je n'ai pas tout à fait compris le film que cela me dérange. 

En tous les cas, ce film est à voir. C'est une belle leçon de vie et d'amour, au final.

L'écume des jours (2013), Michel Gondry




"L’histoire surréelle et poétique d’un jeune homme idéaliste et inventif, Colin, qui rencontre Chloé, une jeune femme semblant être l’incarnation d’un blues de Duke Ellington. Leur mariage idyllique tourne à l’amertume quand Chloé tombe malade d’un nénuphar qui grandit dans son poumon. Pour payer ses soins, dans un Paris fantasmatique, Colin doit travailler dans des conditions de plus en plus absurdes, pendant qu’autour d’eux leur appartement se dégrade et que leur groupe d’amis, dont le talentueux Nicolas, et Chick, fanatique du philosophe Jean-Sol Partre, se délite." (Allociné)

J'ai été voir cette adaptation du livre de Boris Vian hier avec Mathilde C. L'unique séance de 22h30 n'avait pas vraiment attiré les amoureux du grand écran: nous étions seules au monde dans cette grande sale. Et, au fond, je le comprends plutôt bien après avoir vu le film. Je ne me souviens plus très bien du roman qu'il me semble avoir lu dans mon jeune âge, mais j'avais vu une adaptation théâtrale de cette oeuvre de Boris Vian et j'avais plutôt apprécié l'histoire qui, tout en étant décalée, dépeignait une belle histoire d'amour, touchante et émouvante, comme une jeune adolescente peut les aimer. J'ai été déçue du film. J'ai bien compris que le réalisateur voulait illustrer le côté surréaliste de l'histoire, mais les artifices que Michel Gondry met en place ne convainquent pas. Je ne prendrai qu'un exemple, et des plus déconcertants, celui de la danse du biglemoi durant laquelle les danseurs voient leurs jambes s'allonger et se courber, procurant un effet plutôt désagréable à l'oeil. Au lieu de m'émerveiller sur l'image que nous offrait le réalisateur, je suis restée bloquée sur la façon dont cet effet spécial avait été réalisé. Ce n'est pas peu de dire que je n'ai pas été convaincue par le mise en scène proposée. 

Côté acteurs, on retrouve Romain Duris qui campe un Colin plutôt convaincant: l'acteur a réussi à adopter tout au long du film cet air un peu benêt et bienheureux dans sa naïveté. Il a vraiment l'air amoureux. Quant à Audrey Tautou, l'actrice n'a pas vraiment réussi à me convaincre, même si elle ne l'a que rarement fait dans ses films (j'avoue tout de même que l'Incroyable destin d'Amélie Poulain est un film fabuleux que tout bon cinéphile se doit de regarder!). Selon moi, Tautou est beaucoup trop académique, figée. On a l'impression qu'elle récite son texte et c'est bien ça le problème: elle vomit les mots qu'elle a appris et n'arrive pas à jouer son personnage. Même si certaines expressions arrivaient à refléter l'amour inconditionnel que Chloé porte à Colin, j'ai trouvé que la plupart du temps, elle ressortait à chaque fois le même visage au grand sourire, parfois un peu exagéré. Omar Sy ne m'a pas non plus convaincu dans son rôle de Nicolas. Dès ses premières répliques dans le film, j'ai trouvé sa diction saccadée et pas du tout convaincante. C'était pire que celle d'Audrey Tautou. Il ne m'a du tout fait croire qu'il était une sorte de majordome auprès de Colin... Peut-être son passé de comique et d'homme de la banlieue lui colle-t-il tellement à la peau qu'il n'est pas encore habitué à ce genre de rôle sérieux où la subtilité tient un rôle important. Quant à Gad Elmaleh, sa prestation était un peu quelconque. Peut-être cela s'explique-t-il du fait du rôle lui-même qui est plutôt plat au final. 

Il faudrait que je relise attentivement le livre, mais je pense qu'une adaptation au cinéma était très risquée, vu le monde surréaliste dans lequel évoluait l'histoire de Boris Vian. Il n'est vraiment pas évident de transposer tous ces moments décalés à l'écran. Il est parfois préférable d'avoir les choses à imaginer, plutôt qu'à voir. Quoi qu'il en soit, je pense que la meilleure façon de vous faire une idée est d'aller voir vous-mêmes le film! 

vendredi 30 décembre 2011

Tomboy (2011), Céline Sciamma




Lorsque ce film était sorti, il m'avait un peu intrigué. Je l'avais noté sur ma liste "à voir". J'ai réussi à me le procurer récemment et je n'ai pas été déçue!

C'est l'histoire de Laure, qui déménage avec toute sa famille: son père, sa mère enceinte et sa petite soeur Jeanne. Elle se retrouve dans un quartier avec beaucoup d'enfants de son âge. Elle ressemble tellement à un garçon que la première fois qu'on la voit, on lui dit: "Salut. T'es nouveau ici?" Elle en profite pour se faire passer pour Michaël. Petit à petit, elle (ou il plutôt) gagne sa place au sein du groupe. Il joue au foot, va se baigner, joue à gage ou vérité sans que personne ne se rende compte de rien. Mais voilà, l'été se termine, l'école va commencer. Comment Michaël va-t-elle continuer à cacher son secret?

Peut-être que le thème m'a parlé parce que j'ai moi-même était un "tomboy" lorsque j'étais jeune: cheveux courts, habits de sport... On m'a d'ailleurs plusieurs fois confondue avec un garçon: "- Hé, tu as vu Léon? Ton grand frère est venu te chercher! - Euh... je suis sa grande soeur", "Alors, tu vas bien, jeune homme?" À force, j'ai arrêté de corriger, j'ai aussi arrêté de me couper les cheveux aussi courts.
Il y a des scènes qui sont vraiment magnifiques. J'ai vraiment été touchée par des plans qui n'ont l'air de rien au premier abord. J'ai été happée, fascinée par ces images. J'avais un léger pincement au coeur. Je n'ai pas compris pourquoi.
La complicité entre les deux soeurs est vraiment touchante aussi. On sent comme Laure veut protéger Jeanne, comme elle tient à elle, comme Jeanne, dans sa candeur, admire sa grande soeur qu'elle considère comme son héros. Ces deux actrices ont vraiment un jeu juste et poignant.
Par contre, la raison pour laquelle Laure joue à ce petit jeu et va aussi loin est toujours floue pour moi. Je ne crois pas que ce soit une question d'homosexualité (ce que j'ai pu voir sur le net). Mon petit frère me dit que c'est l'expression de son mal-être. Est-ce qu'être un garçon manqué signifie qu'on veut réellement être un garçon, qu'on refuse son corps de fille, qu'on est lesbienne? Je ne crois pas. Est-ce simplement par jeu dans ce cas? Laure aime peut-être la duplicité qu'elle a su créer. Je suis une fille et pourtant, ils croient tous dur comme fer que je suis un garçon. D'ailleurs, lorsque son statut de garçon atteint son paroxysme, on voit toujours un petit sourire sur la bouche de Michaël. Je pense qu'en fait, Laure veut simplement s'amuser de la situation et c'est tout. Dans son cerveau d'enfant, elle ne comprend pas toute l'étendue que prend sa blague.

Je vous le conseille, en tout cas :)



lundi 12 juillet 2010

"Retour à Montechiarro" (2003), Vincent Engel



Je suis tombée un peu par hasard sur ce livre. C'est Sophie V. qui me l'a offert. Je me suis attelée à sa lecture un peu à contre coeur, parce que je n'avais rien d'autre à lire, parce que j'étais curieuse de voir comment mon ancien professeur d'université écrivait.

Ce roman est assez bouleversant. Le début était un peu difficile. Je n'avais pas envie de continuer, mais j'ai tenu bon et je me suis laissée emporter dans cet univers, dans cette Toscane que l'auteur décrit avec passion et beaucoup d'émotions, cette terre avec laquelle il entretient certainement beaucoup de liens. Cette Toscane d'abord sauvage et indomptée, cette Toscane qui subira la montée du fascisme, comme partout en Italie et qui finira par subir les affres de la guerre et les violences du communisme. Les descriptions ne sont pas du tout endormantes. Elles apportent quelque chose en plus, une atmosphère au roman. On a l'impression que la Toscane est un personnage à part entière, si pas le personnage le plus important du roman.
Les personnages sont attachants, tous sont rongés par les incertitudes, les doutes, les blessures mal cicatrisées. On voit l'évolution psychologique de chaque personnage, les lourds héritages que chaque génération lègue à la suivante et les dégâts que le mystère et les secrets peuvent causer. Les non-dits pour protéger les autres (ou pour se protéger soi-même?) ne peuvent tenir éloigner les malheurs, omniprésents dans une partie de notre tête. Il vaut mieux les partager, quitte à souffrir encore une fois, mais ce ne sera que pour mieux guérir. La gangrène, si elle n'est pas soignée assez vite, ne peut que se répandre dans le reste du corps. Il en est de même pour les malheurs et les souffrances.
Ce roman relate avec grand talent l'histoire d'hommes et de femmes, mais également l'Histoire de l'Italie qui succomba à des mouvements politiques extrémistes et qui en subit la violence de plein fouet. On comprend mieux les enjeux qui traversèrent l'esprit de ces hommes (souvent l'ambition, tout simplement) et toute la cruauté gratuite dont ils ont fait preuve. Le message que l'auteur veut faire transmettre est clair: la violence n'est pas et ne sera jamais un moyen de faire changer les choses. Vouloir le changement, une évolution, un progrès: voilà qui est sain, car il faut avoir le courage d'agir et ne pas se laisser tétaniser par la peur et la couardise. Imposer le changement par la force, la violence, la terreur, la révolution: ça ne sera jamais une méthode pour un bouleversement profond des moeurs et de la société. Ce serait une graine corrompue. La plante qui en sortira ne sera jamais assez forte pour résister aux attaques d'un parasite. Et ce parasite prendra sa place, et le cycle recommencera.
On retrouve de tout dans ce roman. Il y a de l'action, de la romance, du drame... C'est un concentré de tous les sentiments humains: de la soumission à la révolte, en passant par l'impuissance.

Bref! Je conseille vivement ce livre à tout le monde! Ne vous rebutez pas par la grosse brique. Vous ne serez pas déçu de ce voyage :)

mercredi 13 janvier 2010

Bridge to Terabithia (2007), Gabor Csupo



Aux premiers abords, je pensais que Bridge to Terabithia s'ancrerait dans la lignée des films un peu merveilleux, du genre Harry Potter ou Le monde de Narnia. Je l'ai découvert un peu par hasard, parce qu'il y a une actrice que j'aime bien, Zoe Deschanel, qui joue dedans. Au final, c'est un film vraiment émouvant. J'ai pleuré comme un bébé en voyant ce film, et je ne vous parle pas de la petite larme qui glisse au coin de mes yeux lorsque je suis un peu émue. Non, les grosses larmes avec la morve qui tombe du nez et les hoquets qu'on ne peut retenir (oui, je sais, j'aime les détails peu ragoûtants). Ce film, c'est plus qu'un film pour les enfants. Il y a des thèmes qui peuvent toucher les plus jeunes et les plus âgés.

Je ne sais pas exactement ce que ce film a déclenché en moi, mais il me laisse une bonne impression et je vous le recommande!



My sister's keeper (2009), Nick Cassavates





Ha mon Dieu! Ce film! Mais ce film! Il est vraiment magnifique! Même si la fin est un peu plus que prévisible, je trouve que le jeu des acteurs est vraiment très bon. Cameron Diaz joue bien le rôle de la mère qui veut préserver sa famille, au risque de lui en retirer son bonheur. Je ne suis pas habituée à la voir dans ce genre de rôles, mais ça lui va bien (son jeu est aussi excellent dans In her shoes) Il est vrai que la compréhension de l'histoire est un peu difficile à cause des fréquents flash-backs qui ne sont pas forcément bien délimités avec le présent, mais on s'y retrouve assez vite.
Ma soeur a vu ce film pendant que je dormais sur le salon. Le lendemain, quand on s'est vues, elle m'a dit qu'elle avait commencé à pleurer à la dixième minute du film et qu'elle n'avait pas arrêté jusqu'à la fin. C'est vous dire combien ce film ne laisse pas indifférent!



mercredi 29 juillet 2009

The Sisterhood of the Traveling Pants (2005), Ken Kwapis



Franchement, avant de regarder ce film, je pensais que c'était encore un de ces films nunuches, un de ces films de fille (dont je raffole, mais n'en débattons pas maintenant :p) Hé bien, j'ai vraiment été étonnée!! Je ne sais pas, ce film m'a un peu bouleversée... J'avais les larmes aux yeux. Parce que c'étaient les interrogations de jeunes adolescentes, parce que ce sont des épreuves par lesquelles tout le monde peut passer... Peut-être parce que ce sont des questions que je me pose moi-même en ce moment... Enfin bref, j'ai vraiment hâte de voir le 2 ^^

samedi 11 juillet 2009

Yes Man (2008), Peyton Reed =)

Best song ever :D Zooey Deschanel... Haaaan!!! :3



Le film Yes Man est pas mal non plus ^^ C'est vrai qu'on dit un peu trop souvent non... et pas pour de bonnes raisons. Conclusion: Sourions à la vie: disons-lui OUI!!