vendredi 14 juin 2013

De rouille et d'os (2012), Jacques Audiard



"Ça commence dans le Nord. 

Ali se retrouve avec Sam, 5 ans, sur les bras. C’est son fils, il le connaît à peine. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa sœur à Antibes. Là-bas, c’est tout de suite mieux, elle les héberge dans le garage de son pavillon, elle s’occupe du petit et il fait beau. 
A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone.
Il est pauvre ; elle est belle et pleine d’assurance. C’est une princesse. Tout les oppose.
Stéphanie est dresseuse d’orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame pour qu’un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau. 
Quand Ali la retrouve, la princesse est tassée dans un fauteuil roulant : elle a perdu ses jambes et pas mal d’illusions.
Il va l’aider simplement, sans compassion, sans pitié. Elle va revivre." (Allociné)


Ce film est beau. Cela fait presque un an que je me dis que je dois le regarder. Je repoussais à chaque fois ce moment de peur d'un film d'auteur trop compliqué et qu'il faille regarder avec une attention exagérée. Je me suis enfin lancée il y a deux jours. Je n'ai pas compris au début. Le film avance lentement, selon moi. Ca m'a pris plus de la moitié du film pour entrer dans l'ambiance, pour comprendre où on voulait en venir. Malgré cela, la façon dont Ali aide Stéphanie à revivre, à reprendre goût à la vie est vraiment touchante. Au fond, il ne fait que la traiter comme si elle était encore valide et c'est sans doute ça qui lui redonne confiance: il n'y a pas de pitié dans ses gestes, il y va franco. Leur histoire d'amour se lie petit à petit et on le voit s'épanouir dans les yeux de Stéphanie à travers une Marion Cotillard dont la prestation est à couper le souffle. Matthias Schoenaerts, quant à lui, joue parfaitement le rôle du gros dur au coeur tendre qui, même s'il fait mal, essaie de bien faire.

Il y a tout de même deux bémols à ce film en ce qui concerne le scénario. Je me demande toujours pourquoi Stéphanie finit par appeler Ali une nuit où elle se sent seule. On aurait cru qu'elle l'aurait oublié après cet accident tragique... Qu'est-ce qui lui a donné envie de le recontacter? Surtout que leur seule et unique rencontre ne s'était pas spécialement bien passé... Alors pourquoi avoir passé ce coup de fil? Premier point faible dans le scénario. Le deuxième est le peu d'attention qu'Ali porte à son fils. Ce que je ne comprends pas, c'est ce tel contraste entre la façon dont il s'occupe de Stéphanie, avec douceur et tendresse, alors qu'il traite son fils comme un chien et qu'il n'y fait pas du tout attention. Je n'ai pas l'impression que ces deux comportements sont compatibles. Soit Ali les traite tous les deux mal et, petit à petit, apprend à les respecter et à s'occuper d'eux, soit il les enveloppe de sa bienveillance de la même manière. Vraiment, ce détail m'a bloquée. Mais peut-être que c'est parce que je n'ai pas tout à fait compris le film que cela me dérange. 

En tous les cas, ce film est à voir. C'est une belle leçon de vie et d'amour, au final.

L'écume des jours (2013), Michel Gondry




"L’histoire surréelle et poétique d’un jeune homme idéaliste et inventif, Colin, qui rencontre Chloé, une jeune femme semblant être l’incarnation d’un blues de Duke Ellington. Leur mariage idyllique tourne à l’amertume quand Chloé tombe malade d’un nénuphar qui grandit dans son poumon. Pour payer ses soins, dans un Paris fantasmatique, Colin doit travailler dans des conditions de plus en plus absurdes, pendant qu’autour d’eux leur appartement se dégrade et que leur groupe d’amis, dont le talentueux Nicolas, et Chick, fanatique du philosophe Jean-Sol Partre, se délite." (Allociné)

J'ai été voir cette adaptation du livre de Boris Vian hier avec Mathilde C. L'unique séance de 22h30 n'avait pas vraiment attiré les amoureux du grand écran: nous étions seules au monde dans cette grande sale. Et, au fond, je le comprends plutôt bien après avoir vu le film. Je ne me souviens plus très bien du roman qu'il me semble avoir lu dans mon jeune âge, mais j'avais vu une adaptation théâtrale de cette oeuvre de Boris Vian et j'avais plutôt apprécié l'histoire qui, tout en étant décalée, dépeignait une belle histoire d'amour, touchante et émouvante, comme une jeune adolescente peut les aimer. J'ai été déçue du film. J'ai bien compris que le réalisateur voulait illustrer le côté surréaliste de l'histoire, mais les artifices que Michel Gondry met en place ne convainquent pas. Je ne prendrai qu'un exemple, et des plus déconcertants, celui de la danse du biglemoi durant laquelle les danseurs voient leurs jambes s'allonger et se courber, procurant un effet plutôt désagréable à l'oeil. Au lieu de m'émerveiller sur l'image que nous offrait le réalisateur, je suis restée bloquée sur la façon dont cet effet spécial avait été réalisé. Ce n'est pas peu de dire que je n'ai pas été convaincue par le mise en scène proposée. 

Côté acteurs, on retrouve Romain Duris qui campe un Colin plutôt convaincant: l'acteur a réussi à adopter tout au long du film cet air un peu benêt et bienheureux dans sa naïveté. Il a vraiment l'air amoureux. Quant à Audrey Tautou, l'actrice n'a pas vraiment réussi à me convaincre, même si elle ne l'a que rarement fait dans ses films (j'avoue tout de même que l'Incroyable destin d'Amélie Poulain est un film fabuleux que tout bon cinéphile se doit de regarder!). Selon moi, Tautou est beaucoup trop académique, figée. On a l'impression qu'elle récite son texte et c'est bien ça le problème: elle vomit les mots qu'elle a appris et n'arrive pas à jouer son personnage. Même si certaines expressions arrivaient à refléter l'amour inconditionnel que Chloé porte à Colin, j'ai trouvé que la plupart du temps, elle ressortait à chaque fois le même visage au grand sourire, parfois un peu exagéré. Omar Sy ne m'a pas non plus convaincu dans son rôle de Nicolas. Dès ses premières répliques dans le film, j'ai trouvé sa diction saccadée et pas du tout convaincante. C'était pire que celle d'Audrey Tautou. Il ne m'a du tout fait croire qu'il était une sorte de majordome auprès de Colin... Peut-être son passé de comique et d'homme de la banlieue lui colle-t-il tellement à la peau qu'il n'est pas encore habitué à ce genre de rôle sérieux où la subtilité tient un rôle important. Quant à Gad Elmaleh, sa prestation était un peu quelconque. Peut-être cela s'explique-t-il du fait du rôle lui-même qui est plutôt plat au final. 

Il faudrait que je relise attentivement le livre, mais je pense qu'une adaptation au cinéma était très risquée, vu le monde surréaliste dans lequel évoluait l'histoire de Boris Vian. Il n'est vraiment pas évident de transposer tous ces moments décalés à l'écran. Il est parfois préférable d'avoir les choses à imaginer, plutôt qu'à voir. Quoi qu'il en soit, je pense que la meilleure façon de vous faire une idée est d'aller voir vous-mêmes le film! 

samedi 25 mai 2013

The Perks of Being a Wallflower (2013), Stephen Chbosky


"Au lycée où il vient d’arriver, on trouve Charlie bizarre. Sa sensibilité et ses goûts sont en décalage avec ceux de ses camarades de classe. Pour son prof de Lettres, c’est sans doute un prodige, pour les autres, c’est juste un "loser". En attendant, il reste en marge - jusqu’au jour où deux terminales, Patrick et la jolie Sam, le prennent sous leur aile. Grâce à eux, il va découvrir la musique, les fêtes, le sexe… pour Charlie, un nouveau monde s’offre à lui." (Allociné)

Ce film était bouleversant. J'ai bien dû le voir deux ou trois fois d'affilée. On est vraiment absorbé, fasciné par l'histoire de Charlie qui se bat pour s'intégrer dans ce groupe, qui se bat pour les autres, qui s'attache à ces personnes qui sont les premières à faire attention à lui,  Charlie qui, finalement et tout simplement, apprend à vivre. L'histoire en elle-même est assez fascinante. On découvre à la fin un élément de l'histoire personnelle de Charlie dont on ne se doutait pas et qui remet en perspective tout le reste de ce qu'il a pu faire, de ce qu'il a pu ressentir. 

Le jeu des trois acteurs principaux est également assez bluffant. Erza miller (Patrick) joue parfaitement cet adolescent homosexuel, déjanté et décalé, qui se soucient peu du regard des autres, sauf des gens auxquels il tient. On se demande parfois jusqu'à quel point c'est un rôle de composition, tellement Erza ressemble à Patrick (et inversement). Emma Watson (Sam) a, selon moi, très bien choisi son premier rôle après la saga Harry Potter et son rôle d'Hermione, rôle de fille sage, intelligente, sans histoire. Ici, elle casse non seulement son image de jeune fille bien sous tout rapport en campant ici le rôle d'une étudiante ne se souciant guère de sa scolarité et voulant simplement profiter de la vie au maximum, mais aussi son image physique, en coupant ses cheveux courts et en adoptant une garde-robe bien plus adaptée à son physique de rêve. Bref, en rompant aussi fortement avec son rôle d'Hermione, Emma Watson s'assure une carrière qui s'annonce sous les plus beaux auspices. Quant à Logan Lerman, ce fut une réelle révélation. Je suis un peu passée à côté de lui dans "Percy Jackson", il ne m'avait pas spécialement marquée, mais peut-être était-ce simplement à cause du film en tant que tel. Dans "The Perks of Being a Wallflower", l'acteur s'est vraiment révélé comme un comédien sensible, tout en subtilité. Il a joué l'adolescent tourmenté avec une sincérité touchante.

Un dernier point positif de ce film: la BO! Toutes les chansons qui sont passées dans ce film m'ont touchée et je n'ai eu qu'une envie, c'est de me les passer en boucle.

Bref, vous ne serez pas déçus du voyage si vous embarquez dans cette histoire, je vous le conseille vivement!



Je sais pourquoi l'injustice survit: le courage manque.

Je vous mets en contexte. C'est le dernier cours que j'ai suivi de tout mon master en latin-français. Le dernier cours qui marque la fin d'une période de cinq ans. Je crois que je n'oublierai jamais ce cours, car il fut un des plus injustes auxquels j'ai pu assister. Quatre étudiants devaient présenter leur travail sur l'édition de textes. Ce fut un déchaînement de commentaires, souvent inutiles et pas très pertinents pour l'amélioration de l'exposé en tant que tel. Un vrai massacre. La nuit qui suivit, je n'ai presque pas pu dormir à cause de ce sentiment d'injustice que je ressentais... Voici ce que j'ai écrit durant cette nuit agitée. Seulement, je n'ai pas eu le courage de l'envoyer... Et toutes les personnes à qui j'en parle me disent que ça ne vaut pas la peine. Mais le silence n'est-il pas la meilleure alliée des tyrans? Je me le demande et je regrette tellement de ne pas avoir de couilles pour leur envoyer, pour leur faire comprendre que même si nous sommes étudiants, nous ne sommes pas de grosses merdes, comme elles pourraient le penser... Le monde est injuste et je manque de courage pour pouvoir le changer. J'espère que quand je serai grande, tout cela changera, en attendant...


"Chères professeurs,

Au bout d'une presque nuit blanche à maugréer dans mon coin, je me suis décidée à vous écrire ce courrier pour vous faire part de mes sentiments vis-à-vis du dernier cours que nous avons eu ensemble. En effet, quelques-unes de vos attitudes m'ont quelque peu contrariée, voire choquée.

1) Je n'ai pas très bien compris votre logique d'interrompre ou pas un exposé. Il me semble que lors de la première séance de présentation de travaux, vous laissiez l'étudiant terminer toute sa présentation avant de commenter. Au dernier cours, vous êtes souvent intervenues durant les présentations. Dès lors, je me pose la question du juste traitement entre les différents étudiants. Est-ce bien normal d'appliquer des méthodes différentes? N'est-ce pas plus déstabilisant d'être interrompu au cours de son exposé que de devoir se défendre par la suite?
Par ailleurs, à notre dernier cours, vous avez souvent repris les intervenants sur des points de détails durant leur présentation, comme par exemple la date d'un manuscrit que l'on doit mettre entre parenthèses, alors que pendant un autre exposé (auquel je n'ai malheureusement pas pu assister), vous vous êtes permis de rire d'une étudiante qui s'était trompée, pour une histoire de date justement, sans vous donner la peine de lui dire quelle était la raison de ce fou rire. N'aurait-il pas été plus pertinent d'intervenir à ce moment-là pour éviter la déstabilisation de l'étudiante face à deux professeures hilares plutôt que pour une histoire de notation?

2) Peut-on vraiment reprocher à un étudiant de vouloir présenter un exposé le plus clair possible, spécialement pour ceux qui ne sont pas spécialistes en philologie? Même si le concept du "saut du même au même" a été vu durant les cours, un petit rappel n'était pas spécialement déplacé, de mon point de vue. Comme on dit, "la répétition est la mère de l'apprentissage"... 
Mais, partons du fait que cette remarque était tout à fait pertinente pour améliorer l'exposé de l'étudiant, fallait-il le relever pendant l'exposé, en invoquant, pour justifier cette remarque, l'absence à plusieurs cours? Je crois que les reproches doivent plutôt se régler en-dehors des cours et pas pendant... Une fois encore, cela pose la question du traitement équitable de tous les étudiants.

3) La remarque sur le "tribus" fautif était justifiée: vous êtes là pour nous enseigner et vous avez le devoir de nous faire savoir quand nous faisons des erreurs. Je vous remercie, d'ailleurs, de l'avoir fait remarquer à la fin de l'exposé. Cependant, ce qui aurait pu être une belle occasion d'apprendre le numéral trois en latin s'est transformé en une simple remarque attaquant l'étudiant sur son ignorance du latin, méconnaissance qui me semble justifiée par le fait que les romanistes (dommage pour eux, j'en conviens) n'ont plus eu de cours de latin depuis la deuxième année de bachelier... Au final, avez-vous dit quelle forme était correcte? Il ne me semble pas l'avoir entendue, peut-être ai-je été distraite et je vous prie de m'en excuser.

Voilà les quelques points sur lesquels je voulais revenir. Vous avez tout à fait le droit d'être en total désaccord avec moi, comme j'ai tout à fait le droit d'être en total désaccord avec vos méthodes. Cette intervention sort sans doute du cadre de mes attributions en tant qu'étudiante, mais je pense pouvoir vous interpeller sur votre statut de professeur quand le statut de l'étudiant n'est pas tout à fait respecté. Nous sommes peut-être vos inférieurs hiérarchiques mais cela ne vous exempte pas de nous devoir un minimum de respect.

J'espère ne pas vous avoir blessées en écrivant ces quelques lignes. Mon but n'est pas de vous attaquer mais de vous interpeller sur quelques attitudes qui, de mon point de vue, peuvent être améliorées dans l'intérêt de tous. 

Je reste à votre entière disposition si vous désirez débattre de ces sujets.

Bien à vous,
Linh Tran

PS: J'espère que ce courrier n'affectera pas négativement la cote que vous allez m'attribuer. Mon seul et unique désir est d'être cotée pour le travail que je vous ai rendu et non pour la personne que je suis ou pour les propos que je viens de tenir. Cependant, je comprendrais que ce mail, qui pourrait être interprété comme de l'insolence, se répercute sur mes notes, et si un échec est le prix à payer pour avoir l'esprit tranquille et serein, je m'en acquitterai volontiers.
PPS: J'admets également que j'aurais dû réagir durant le cours, mais je dois bien avouer que vos propos m'ont tellement estomaquée que je n'ai rien su dire."

jeudi 3 mai 2012

Paulina 1880, Pierre Jean Jouve

"Sincère, elle savait que l'on ne peut jamais s'unir à Dieu. Menteuse, elle pouvait..."

lundi 16 avril 2012

Keep up, babe!



L'amitié, l'intimité, ce sont des choses très étranges. Je n'ai jamais compris ces deux concepts. Jamais vraiment ressenti ça avec les gens, si ce n'est avec mon cher et tendre (haha).

Je ne sais pas ce qui pousse les gens à se confier à d'autres. Personnellement, ça me met dans des états pas possibles... Jamais pu faire confiance aux gens: un jour, ils sont tes amis pour la vie; un autre, ils racontent derrière ton dos et avec tous les détails croustillants les confidences que tu leur avais faites au coin de votre complicité. Les gens ne sont pas fiables.

Jamais compris non plus pourquoi les gens se confiaient à moi. Pas du genre à répéter ce que je dis, même quand les insensés qui ont osé livrer leurs secrets m'énervent au plus haut point: j'exècre les gens qui utilisent les confidences comme des armes contre l'autre. Quel manque de maturité, quel manque d'humanité. Et pourtant, ils sont nombreux! Et même, ils livrent tous vos démons à d'autres pour le simple plaisir du râgot bien senti. Merde. Il n'y a plus de gens bien dans ce monde?

Mais quel sentiment confus ai-je ressenti aujourd'hui, quand une connaissance que je ne considère pas tellement comme une amie, mais comme une bonne copine que je vois de temps en temps, en groupe, m'ouvre ainsi ses sentiments, son intimité avec l'autre, ses peurs, ses craintes, son malaise... Qui suis-je pour me confier tout ça?

Et comme d'habitude, je n'ai pas su trouver les mots justes, à peine lui ai-je tendu une oreille que j'ai voulue attentive, mais l'a-t-elle ressenti? A-t-elle compris que sa situation me préoccupait, que je comprenais sa détresse vu que je l'ai tellement bien connue il n'y a pas si longtemps? Ai-je trouvé ne serait-ce qu'une parole pour la réconforter, lui faire comprendre qu'elle n'est pas toute seule et qu'elle pourra toujours compter sur ma présence discrète?

Encore ce sentiment d'être inutile. D'être égoïste. Egoïste? Oui, car savoir sa souffrance m'a aussi rassurée sur la mienne: je ne suis pas seule. Je suis monstrueuse.

J'espère simplement que tout se passera au mieux pour elle. Keep up, babe! The sun will shine soon, if you keep searching for it.

mercredi 4 avril 2012

Morale vs plaisir

Damn. La morale a-t-elle vraiment déserté le monde dans lequel nous vivons? Sommes-nous uniquement gouvernés par la logique de notre plaisir personnel? Peut-on tout faire, peut-on écraser toute morale si c'est pour grappiller un peu de "bonheur"?

J'ai vraiment peur pour le monde de demain. Même les gens qui semblent avoir une morale pour les choses quotidiennes (soyons polis, respectons les autres, le mal, c'est le mal, bla bla) n'ont plus de moeurs quand on parle de leurs propres petits plaisirs. Ils n'ont plus aucune valeur, qu'importe s'ils blessent les autres, du moment qu'ils en retirent un bénéfice pour eux. Mais où est donc la limite?

Par exemple, peut-on se dédouaner de nos actions parce qu'on a un peu bu? L'excuse ultime pour n'être coupable de rien serait-ce: "Mais c'est parce que, tu comprends pas, j'ai jamais rien eu dans la vie, je peux bien me faire plaisir!" Oui, tu peux te faire plaisir et c'est tout le mal que je te souhaite, que tu puisses être heureux, mais BORDEL, pas au prix de la morale, de l'éthique, de la politesse, de tout ce qui fait que le monde tourne encore à peu près bien (et encore). Vous imaginez, un monde où tout le monde fait ce qu'il veut selon son envie? Quelle grosse merde...

Mais après tout, est-ce que je ne suis pas en train de trop juger? Pourquoi ne pourrait-on pas penser un peu à soi? Après tout, si les autres sont blessés, ce ne sont que de petits dommages collatéraux, rien de grave... Peut-on mettre son bonheur au-dessus de celui des autres?